Lorsque je vous rencontre pour votre séance, c’est un sujet qui est parfois abordé au cours de nos discussions, mais si vous êtes sur mon site aujourd’hui, c’est peut-être la première fois que vous foulez ses pages. Alors voilà une petite histoire.

Je n’ai pas débuté la photographie en photographiant des gens. En fait, c’est même le contraire. J’ai débuté la photo avec la macrophotographie (la photographie d’insectes et fleurs) et la photographie de paysage. D’ailleurs, j’ai encore récemment été récompensée pour mon travail de photographe de paysages, avec la médaille d’or aux prix de la photographie Française. Mais je m’égare. Oui, j’ai débuté la photo en passant 3h au sommet d’une montagne pour attraper le meilleur moment au meilleur endroit. Ou à courir sur une route sauvage des Îles Shetlands pour attraper ce rayon de soleil magnifique que j’ai vu briller en passant avec ma voiture, que j’ai garée à l’arrache 100m plus loin. Et d’ailleurs, je continue à en faire.

Mais avec le temps, j’ai appris. Comme on apprend tous. J’ai vu, j’ai senti. Et j’ai été attirée par ces liens invisibles qui existent entre les membres d’une même tribu, d’une même famille. Cette histoire indicible qui se lit parfois sur le bout des lèvres, ces liens insaisissables mais aussi tellement bouleversants. J’ai été attirée par cette invisibilité et j’ai eu envie de la capturer. Parce que ce n’est pas parce qu’on ne la voit pas, qu’on ne peut pas la sentir au fond de soi. Et en photo, c’est encore plus fort. C’est encore plus vrai. On a ce souvenir qui reste, comme une empreinte dans notre corps, comme un morceau de nous qui resterait visible, à jamais.

Alors je me suis concentrée sur les enfants, sur leurs parents, sur un instant de vie capturé le long d’un chemin terreux au cœur d’une forêt. Sur des sourires capturés au sommet d’une montagne, au détour d’un sentier. Sur la vie. Sur tout ce qui avait du sens. Et la photographie lifestyle s’est imposée à moi comme une évidence. Car on n’a pas envie de se souvenir d’un moment moyennement pénible sous les flashs d’un studio. On a envie de se souvenir de la vie, des sourires, des fossettes, des dents de lait (et de leur absence !), des cheveux au vent, des embrassades, des guilis, des câlins, et de tout le reste. On a envie de se souvenir du vrai. Et ça m’a parlé tout de suite.

Maintenant que je suis maman, ça me parle encore plus. Parce que le quotidien, c’est loin d’être facile. Ça fatigue. Ça use. On s’en sort pas parfois. On ne voit pas le bout. Mais ce qui nous tient, ce sont eux. Et leurs sourires, leurs petits mots qui n’ont parfois pas de sens, leur sens de l’humour, leurs bouclettes le matin au réveil, leur amour pour les coccinelles ou les chiens, et tout ce qui font d’eux des êtres humains à part entière. Alors j’ai eu envie de créer des parenthèses pour les familles, des moments de retrouvailles avec la séance photo au milieu. Pour s’occuper de soi quand on est maman, pour passer une belle soirée ensemble au coucher du soleil à écouter les grillons. Pour se souvenir de maintenant, parce que ça passe, parfois vite, parfois doucement. Mais ça passe, le temps.

Et voilà comment je suis devenue photographe de familles.

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